trenarzh-CNnlitjarufafr



L'Illustration, No. 3672, 12 Juillet 1913


(Agrandissement)

Ce numéro contient:
1° LA PETITE ILLUSTRATION, Série-Roman n° 8: Un Roman de Théâtre, de M.Michel Provins;
Un Supplément économique et financier de deux pages.


UN SIXIÈME PEUPLE: EN ARMES DANS LES BALKANS Le prince héritierFerdinand de Roumanie, généralissime des armées roumaines mobilisées.Phot. C.-G. Basiliade.

LA PETITE ILLUSTRATION

Le numéro du 19 juillet contiendra
La Rue du Sentier,
comédie en quatreactes de
Pierre Decourcelle et André Maurel.
Dans le numéro du 26juillet paraîtra la dernière partie de l'oeuvre de Michel Provins:
UnRoman de Théâtre.
Pendant les mois d'août, septembre et octobre nouspublierons deux autres grands romans:
Le Démon de midi, par
PaulBourget, de l'Académie française;
La Voix qui s'est tue, par
Gaston Rageot.


COURRIER DE PARIS

LES OUVRIERS DANS LA MAISON

Pourquoi donc, suis-je content ce matin. D'où sort ce je ne sais quoid'inattendu, de vif et d'apaisé que je remarque en moi? Je cherche, sansinquiétude. Je me tâte en dedans. Puis, n'ayant rien senti ni vu de cecôté, je regarde à l'extérieur, j'écoute... Il fait beau, le ciel estlumineux, tout rayonne... Mais ce n'est pourtant pas cela seul quim'éveille et me satisfait... Et voilà qu'après une minute d'attente etd'observation, le bruit, pas très éloigné, d'un marteau, vers labuanderie, frappe mon oreille. En même temps m'arrive à toute vitesse,du fond de la cour, le cri blanc de la pierre grattée, commemartyrisée,... et presque aussitôt, de la bouche d'une fenêtre voisine,grande ouverte, s'échappe et se dandine à, travers l'espace l'air àpampilles du Toréador...

J'ai compris maintenant pourquoi j'étais ce matin, sans en découvrirtout de suite la cause, heureux de vivre, et «de me trouver là». J'aireconnu, sans les voir, le menuisier, le maçon et le peintre. Il y ades ouvriers dans la maison.

*
* *

Ne souriez pas. Ne vous écartez pas d'être de mon avis. Donnez-moi letemps de m'expliquer, de vous développer ma sensation si gentille avantd'en extraire un peu de sentiment.

Il y a deux sortes d'ouvriers: ceux de la ville et ceux de la campagne.Les premiers, sauf exception, sont presque tous un sujet d'effroi. Direà Paris: «J'ai des ouvriers à la maison» équivaut à constater, en ladéplorant, une irrémédiable catastrophe. Tandis qu'au contraire, ici,aux champs, penser: «J'ai des ouvriers à la maison», ne déclanchequ'une impression agréable, gaie, plutôt ravigotante. Pourquoi? C'estqu'ils n'offrent entre eux aucune ressemblance, et qu'autant lespremiers font peur, autant les seconds rassurent. Entendons-nous bientoutefois. Les ouvriers que je veux dire et pour lesquels je plaide unecause déjà gagnée ne sont pas ces hommes quelconques, verra on ne saitd'où, ramassés au hasard de l'embauchage et fournissant en quelque sorteun travail impersonnel et anonyme... non,

...

BU KİTABI OKUMAK İÇİN ÜYE OLUN VEYA GİRİŞ YAPIN!


Sitemize Üyelik ÜCRETSİZDİR!