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JOURNAL

DE

EUGÈNE DELACROIX

TOME DEUXIÈME

1850-1854

Notes et Éclaircissements par MM. Paul Flat et René Piot

Portraits et fac-simile

PARIS
LIBRAIRIE PLON
E. PLON, NOURRIT et Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS
Rue Garancière, 10
1893

[p. 1]

Eugène Delacroix
D'après un portrait de lui-même en 1829
Musée du Louvre


JOURNAL

de

EUGÈNE DELACROIX


1850

Bruxelles, samedi 6 juillet.—Parti pour Bruxelles avec Jenny, àhuit heures, et nous étions arrivés à cinq heures moins un quart. Celatente vraiment pour voyager.

Mauvaise installation dans l'auberge, qui me donne de l'humeur.

Promenade, le soir, au Parc qui me paraît d'une tristesse extrême.

Je remarque en une foule de choses le manque de goût de ce pays-ci,et quand on compare, j'ose le dire, tous les pays avec la France, onéprouve le même sentiment. Il y a dans ce parc, entre autres ornements,des figures terminées par des gaines qui entourent le bassin. C'étaitdans les intervalles qu'il les fallait! La manière inégale aveclaquelle les arbres s'élancent, les rend gauches et de travers. Ellessont là comme par hasard. On voit[p. 2] là des statues dont les piédestauxont un pied de hauteur; on peut converser avec ces héros et cesdemi-dieux, et les statues sont ordinairement plus grandes que nature;elles sont disproportionnées, l'agrandissement, dans ce cas, n'étantcalculé qu'à cause de la distance présumée où le piédestal doit placerla figure.

*

Bruxelles, dimanche 7 juillet.—Le matin à Sainte-Gudule.

Magnifiques vitraux du seizième siècle. Charles V à genoux sous uneespèce de portique qui laisse voir le ciel dans le fond; sa femmederrière lui; lignes comme celles de la Vierge, etc., du plus beaustyle italien. La composition occupe toute la hauteur de la fenêtrequi est une des deux de la croix de l'église. Celle d'en face, mêmecomposition, plus remarquable encore par le style; c'est aussi unefigure d'empereur. Les arabesques, les figures qui s'y trouvent mêléessont incomparables. Il y a encore trois ou quatre fenêtres du mêmestyle dans les fenêtres qui entourent le chœur; dans l'une d'ellesFrançois Ier à genoux, ainsi que l'empereur et sa femmederrière lui. Ils ont tous, rois ou empereurs, la couronne en tête;leur armure dorée pour la plupart avec le tabar armorié jusqu'au-dessusdu genou; ainsi les fleurs de lis sont azur, etc., le manteau royalaussi. Celui de François Ier est bleu et fleurdelisé; celuide l'empereur est, je crois, de brocart.

[p. 3]

Dans la partie du chœur qui fait face, qui est la chapelle de laVierge, les fenêtres sont du siècle suivant. C'est le style de Rubenschâtié[1]. L'exécution est très belle; on a cherché à colorer commedans les tableaux, mais cette tentative, quoique aussi habile quepossible, est un argument en faveur des vitraux des siècles précédents,et notamment de ceux dont j'ai parlé plus haut...

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